Et bonjour tout le monde,
Est-ce que vous vous souvenez de ce que c’était, la rédaction web avant l’intelligence artificielle ?
Souvenez-vous de ces groupes actifs sur les réseaux sociaux. On y postait nos questions, nos clients y mettaient leurs annonces. On était toujours nombreux à répondre. On en voulait même aux clients quand ils ne répondaient pas à tout le monde ou qu’ils nous “ghostaient” une fois leur perle rare trouvée. On essayait alors d’imposer des règles pour les contraindre à une relation plus saine.
C’était une époque foisonnante. On échangeait les bons plans, on partageait les nouvelles. On apprenait ce que disait Camille Gillet dans son dernier article, on suivait les péripéties des profils connus.
À chaque mise à jour d’algorithme, c’était l’effervescence : on débattait pour savoir si ça allait impacter notre travail et comment proposer de meilleures prestations. On accueillait les nouveaux, on râlait parce qu’ils posaient toujours les mêmes questions sur les tarifs ou la prospection… mais on répondait.
Toutes ces choses-là constituaient la culture du rédacteur web.
Aujourd’hui, tout cela n’existe plus.
Ce sont autant de vides laissés, autant d’orphelins. Les groupes sont devenus silencieux. Les sites d’actualité se sont tus. Les journaux ont fermé. Même nos blogs, qui produisaient du contenu métier, ont arrêté parce que plus personne ne vient les lire.
Le silence s’est installé.
C’est la première chose qui nous a séparés.
Notre monde s’est fracturé en une multitude de minuscules îlots, trop petits pour que la vie s’y maintienne, et ils se sont éteints progressivement.
Dans la stupeur qui nous a saisis, nous n’avons pas compris tout de suite les conséquences de cette rupture de lien.
Au début, on a continué à parler. Il y avait ceux qui affirmaient avoir toujours autant d’activité, et ceux qui n’osaient pas avouer que leurs clients partaient les uns après les autres.
Ces différences nous ont éloignés.
C’était une espèce d’apocalypse où chacun s’est retrouvé à jouer un rôle qui nous opposait : les pro-intelligence artificielle contre les pro-intelligence artisanale.
Personne ne savait quoi dire, ni quoi faire.
Puis, les départs ont commencé.
Des articles de presse évoquaient ces jeunes rédactrices quittant le métier.
Sur LinkedIn, en cascade, on voyait des gens retourner vers le salariat. C’est un peu comme une grande fête où les invités partent les uns après les autres parce que la musique s’est arrêtée.
Comment on fait pour redémarrer ?
Je pense qu’il faut accepter la fin. Il faut acter, une fois pour toutes, la conclusion de cette période pour rebâtir une nouvelle culture.
Au Cercle des Rédacteurs, nous avons déjà commencé.
C’est la raison pour laquelle nous avons créé un réseau social vivant.
Il est autonome, gratuit, privé et réservé aux néo-rédacteurs.
Nous l’avons voulu séparé de Facebook pour ne pas nous exposer aux distractions ou aux contradicteurs inutiles (et pénibles).
Dedans, on y poste l’actualité qu’on croise et qui nous concernent, et les questions qu’on rencontre dans notre activité.
Il faut qu’on se parle.
Vous êtes peut-être isolé, sans personne à qui adresser vos craintes.
Les anciens groupes ne vous donnent plus de nouvelles ? Nous, nous le faisons.
Nous nous donnons même rendez-vous en live, tous les mardis matin à 10h30, pendant deux heures. C’est demain. Venez prendre un café avec nous.
Il faut qu’on se parle.
Vous êtes les bienvenus pour y participer ou simplement écouter.
Lors du dernier live, François nous disait à quel point c’était important pour lui d’avoir enfin des gens avec qui parler de son métier, à quel point ça lui manquait, à quel point ça l’aide.
Mais ce n’est pas tant une question de manque qu’une question de fondation.
Si aujourd’hui nous parlons d’IA, des évolutions du SEO ou de WordPress, c’est parce que ce sont les nouveaux terrains des néo-rédacteurs.
Nous devons nous y habituer, nous cultiver, nous acculturer, même, et savoir de quoi nous parlons pour réfléchir ensemble à l’avenir de notre nouvelle profession.
La prospection change aussi.
Dans ce nouveau monde, les arguments ont évolué en promesses qu’il faut savoir tenir.
Le marketing, qui était une option il y a quelques années, est devenu essentiel. Nous sommes là pour amener nos conseils et nous entraider sur ces sujets.
C’est la mise en commun qui va créer notre culture commune.
Quels sont les nouveaux livres ?
Les nouveaux influenceurs ?
Les nouvelles tendances ou les outils émergents ?
Comment on les utilise ?
Qui sont nos nouveaux clients ?
Comment on survit aujourd’hui ?
Toutes ces questions sont des sujets de conversation que nous devons avoir ensemble.
C’est parce que nous poserons chaque brique collectivement que nous pourrons construire quelque chose de solide sur lequel nous appuyer.
Cette culture d’hier que nous avons perdue doit nous servir de modèle pour celle de demain.
C’est un premier acte de résistance : se retrouver, se rencontrer.
Je vous invite d’ores et déjà à nous rejoindre sur ce réseau, ouvert sur simple inscription.
Et demain, mardi, à 10h30, vous pouvez nous rejoindre à cette adresse directement.
Il faut qu’on se parle.
A très bientôt !
David Gos






