On navigue dans un brouillard épais depuis des mois, voire des années, et on se fait dépouiller au fil des mauvaises rencontres. Moins de contrats, moins de clients, moins de demandes, moins de groupes actifs, moins de formations, moins de plateformes de rédaction…
Ce n’est pas le cycle naturel des choses, c’est un pillage en règle.
Parce qu’il y a toujours autant, sinon davantage encore, de contenus qui sortent chaque jour sur le web. Qui alors fait aujourd’hui notre travail ?
L’IA.
Non.
Ce n’est pas l’outil le problème, c’est l’opérateur
L’IA fait le travail, c’est vrai, mais ça peut tout autant être pour notre compte à nous. Ce n’est pas elle qui nous remplace, tout comme ce n’est pas le stylo qui écrit le texte. Quelqu’un d’autre s’est accaparé le marché.
On creuse à peine et on les trouve déjà en TOP 1 sur Google, ces nouvelles plateformes de contenu IA. Elles promettent beaucoup pour pas cher. Certaines emploient des anciens rédacteurs, principalement de la francophonie du sud, pour relire l’IA avant livraison.
Le « mix parfait ». L’IA écrit, l’humain relit. Tarif imbattable (au prix d’un revenu déjà faible auparavent, encore diminué pour ces rédacteurs, d’ailleurs). Tout le monde est gagnant.
Sauf que non. C’est l’inverse.
Le texte final vaut le peu d’argent qu’il a coûté. On n’y a consacré ni le temps, ni l’investissement, ni l’attention nécessaires à sa bonne réalisation. C’est vite fait, sans grande valeur. Pas trop mauvais pour le SEO, certes, mais pas du tout intéressant pour la réputation globale du site ou sa conversion. Du traffic vide.
Les agences SEO low-cost et l’illusion de la qualité
Est-ce que ce sont eux qui nous ont pris notre travail ? Pas sûr.
Ces tout petit contrats de rédaction, mal payés, étaient déjà le territoire des plateformes de rédaction précédentes qui exploitaient les humains sans vergogne (6 € les 500 mots, on se souvient de vos étoiles). Et ces services n’étaient déjà pas pour nos clients, ceux qui payaient pour un vrai résultat.
Et où sont d’ailleurs passés les référenceurs qui nous passaient commande de centaines de textes pour leurs clients ? Ils n’ont plus besoin de notre savoir-faire ?
Bien sûr que si. Mais là encore, l’IA est devenue la solution magique de ces anciens apporteurs d’affaires. Les bénéfices sont conséquents pour eux : ils nous volent tout simplement notre précédente paye pour la mettre dans leur poche.
Vous avez déjà vu des lives de référenceurs SEO qui parlent contenu ? Laissez-moi vous dire qu’à part quelques-uns qui se reconnaîtront, la majorité ne sait pas de quoi on parle en réalité. Ils voient les choses d’un point de vue purement algorithmique et, à ce prix, se fichent complètement du fond ou de l’expérience utilisateur.
On les regardait déjà avec dégout quand ils tiraient à mort les tarifs vers le bas avec l’argument qu’« écrire, c’est facile » et qu’ils trouveraient facilement “10 fois bien moins cher ailleurs dans le monde”. On les a d’ailleurs vu surexploiter le besoin douloureux d’argent de certains pays francophones pour leurs contenus médiocres.
Et les voilà avec une IA gratuite ou presque entre les mains. Je vous assure, regarder leurs publications vidéo sur les stratégies de contenus est un “facepalm” permanent.
Mais le plus terrible, c’est que ce qu’ils livrent à leurs clients est mauvais. Ces apprentis sorciers de la rédaction génèrent des contenus creux, sans intérêt pour la cible, et se mettent à paniquer quand Google sort son EEAT comme un coup de sifflet annonçant la fin de la récré.
Ils cherchent déjà des prompts pour écrire de meilleurs contenus en 2 minutes. On les a définitivement perdus.
Mais en vrai, qui veut encore travailler avec eux, pour si peu, avec si peu de considération pour notre savoir-faire ? Bon débarras.
L’échec des générateurs automatiques
Peut-être alors sont-ce ces services en ligne eux-mêmes qui promettent un contenu « au ton naturel », comme dit Claude ?
Finalement, ils sont des centaines, ces sites, à proposer en échanges de petits forfaits des « générateurs de contenus » et autres « outils de rédaction pro », faisant croire à certains clients qu’ils peuvent s’affranchir de notre expertise et économiser substantiellement pour des résultats équivalents.
Le résultat est souvent à la hauteur de l’illusion. Des sujets sans intérêt, mal traités, sans cohérence, avec des choix aussi absurdes et contre-productifs que lorsqu’ils commandaient eux-mêmes leurs contenus sur les plateformes de rédaction.
Laissons-les faire leur expérience. Ils nous trouveront sans doute quand ils chercheront quelqu’un pour les secourir.
L’internalisation : notre véritable concurrent
Et puis finalement, il y a ce type. Là, derrière son bureau fraîchement acquis. Dans les locaux de notre ancien client. Lui, là, qui est en charge de la production de contenu IA.
Ce n’est pas toujours un profil formé au marketing de contenu, au SEO éditorial ou à la stratégie. Il a pour charge de générer les fiches produits, les catalogues, les pages services. Des articles parfois. Bref, tout ce dont on a besoin en interne.
Il a la force de 10 rédacteurs avec ces outils IA, donc ça produit à tour de bras. L’entreprise, qui payait les intervenants auparavant, économise des milliers d’euros chaque mois. On la comprend. Bon plan.
Quel résultat ici ? Ma foi, souvent pas trop mal. Aussi bien que nous pour toute la base. C’est propre, c’est contrôlé.
Et je pense aujourd’hui que ce sont eux, nos vrais concurrents dans l’histoire de cette résistance. Ce sont eux, qui nous ont volés nos contrats.
Si on ne peut pas lutter contre ceux qui veulent des contenus médiocres à pas chers (le fond de notre commerce précédent), on peut tout de même revenir à la charge contre cette tendance à l’internalisation pour de la qualité qui nous met sur la paille.
La néo-rédaction comme levier de performance
Quels sont leurs arguments ? Nous sommes trop chers. Trop lents. Soit.
Si nous restons sur le modèle précédent du rédacteur classique, bien sûr que nous ne sommes pas compétitifs.
Avez-vous remarqué ? La calèche se vend très mal en ce moment, surtout depuis qu’elle est interdite sur l’autoroute…
Mais imaginons la néo-rédaction comme une approche qui allie tous les bénéfices de l’IA pour se repositionner.
Nous, néo-rédacteurs confirmés et formés, pouvons produire en une journée une dizaine d’articles de blog de facture correcte avec une IA. Alignement, information, SEO, stratégie marketing, CTA. Je ne parle pas de haut de gamme, là. Je parle de bons articles. Pourquoi les vendre 150 € pièce aujourd’hui ?
Nous pouvons aussi, avec l’IA, écrire un site web de 10 pages en une journée. Je parle de chaque page positionnée dans un tunnel de vente : attirer, engager, convertir, fidéliser. Avec le SEO et tout le tintouin. Pourquoi vendre ça 1000 € ?
L’IA nous obéit. Les ordres qu’on lui donne sont de niveau expert. Le résultat est expert.
C’est comme un grand piano de cuisine, avec ses casseroles, ses feux, ses marmites. C’est un instrument. On cuisine dessus. Vous pouvez savoir faire un croque-monsieur à la poêle, avec jambon et plaquette de fromage, ou savoir réussir un roux pour la béchamel, sélectionner un pain de mie japonais pour le moelleux, un jambon de charcutier avec de la saveur, braiser le tout au beurre clarifié et gratiner d’emmental au chalumeau.
Deux croque-monsieur. L’un des deux est pro.
Une offre adaptée à la réalité du marché
En ajustant nos tarifs, basés sur nos nouvelles capacités de production, on peut proposer des tarifs acceptables à ces clients qui pensent internaliser. On peut leur coûter autant que le salaire du gars en interne qui génère les contenus sans trop savoir ce qu’il fait, mais en version pro.
Le problème de ces clients, c’est qu’ils ne savent pas utiliser l’IA, et surtout qu’ils ne savent pas écrire un bon contenu, bref, ils ne savent pas faire. Ils ne connaissent ni les ingrédients, ni les techniques, ni les étapes à suivre. Et l’IA ne les aidera pas plus là-dessus.
Nous pouvons leur faire cette offre. Imaginez : pour le salaire du gars en interne, ils ont un pro externalisé, qui n’utilise pas une mais plusieurs IA différentes, adaptées, et qui garantit un résultat excellent à chaque livraison. Et ça peut même être un forfait « à volonté » par mois.
Pensez à cela. Nos clients ont toujours les mêmes points de souffrance fondamentaux qu’avant l’IA : pas le temps, pas la compétence.
Et pourtant, ils ne viennent plus chez nous ?
Le marché a changé et nous nous accrochons à des tarifs excessifs et discriminants qui nous garantissaient AVANT la survie. Mais maintenant, notre capacité de produire de l’excellente qualité s’est multipliée.
Et en vrai, “qui d’autre qu’un rédacteur sait s’occuper de rédaction” ?
Résister, c’est déjà commencer par s’accorder sur le fait qu’on a une vraie chance de retrouver notre place dans le monde de demain. Et tout le laisse penser. Prenez le temps d’y réflechir.
A très bientôt !
David Gos






