Néo-rédacteurs, on entre en résistance.

On a été nombreux à être choqués quand nos commandes ont commencé à baisser.

Nos clients nous disaient qu’ils essayaient seulement, pour voir, qu’ils testaient, pour voir, si cette nouvelle intelligence artificielle pouvait leur faire gagner du temps. Ils nous donnaient moins de contrats, pour voir. Certains nous ont même demandé si nous, on savait l’utiliser, pour voir.

Par orgueil, on a dit “non”.

On a dit qu’elles écrivaient mal, qu’elles n’avaient pas d’âme, qu’elles ne sentaient pas bon. On a dit tout ce qu’on a pu pour les discréditer, les sortir de nos vie. Mais il suffisait qu’on les teste pour comprendre qu’elles étaient sans doute plus que capable de faire notre travail que nous.

On a espéré, vraiment, que ce ne soit qu’un moment. On y a cru. Il y a eu beaucoup de tentatives de fusion, on y allait doucement, on suivait quelques formations, on testait. On trouvait vraiment que ChatGPT travaillait mal, on était déçus.

On rêvait tant que ça ne soit qu’un moment, un vilain moment. Comme il y en a tant. Rien de grave.

 

La réalité du marché : un départ sans retour

 

Et puis nos clients qui sont partis en promettant de revenir ne sont pas revenus.

Ils nous ont expliqué que les temps étaient durs, que c’était comme ça, qu’il n’y aurait pas de suite, que merci beaucoup et bonne continuation. Certains nous ont même laissé, pour s’excuser, de très bons avis pour encourager d’autres personnes — je ne sais pas qui — à venir prendre leur place dans notre carnet de commandes. Nettoyage de culpabilité à pas cher, “merveilleux rédacteur, très bonne écoute”.

Les référenceurs ont été les moins tendres. Ils nous ont tout simplement considérés comme périmés. Ils n’ont pas hésité à sortir des pubs pour affirmer leurs dires et expliquer à leurs clients que désormais, ils étaient capables de gérer seuls toute la partie contenu.

Autant d’argent en plus pour eux. Chose qu’ils convoitaient déjà quand ils nous exploitaient outrageusement, facturant notre travail à prix d’or à leur client sans jamais dire que nous, nous n’étions payés qu’au lance-pierre. Cheh.

 

L’isolement et le silence de la profession

 

Lorsqu’on a pris conscience de ça, on s’est retournés, dans un sursaut d’espoir, et on s’est rendu compte qu’on était seuls.

Pas de protection. On avait bien une fédération naissante, mais je ne sais pas où elle est ni ce qu’elle fait aujourd’hui. Je pense qu’elle ne représente plus grand monde parce qu’il n’y a plus plus grand monde à représenter.

Individualisés, fragilisés.

Si on essayait d’en parler, de verbaliser, d’échanger sur les réseaux, on était surtout honteux face à ceux qui disaient avoir “plus d’argent grâce à l’IA”, être plus riches, avoir de meilleurs contrats et bénir l’époque. Alors que nous, nous n’avions plus rien.

Tout laissait alors penser que le problème, c’était nous. Pas l’époque. pas l’IA. Pas les clients. Pas les prix. Nous, nous, nous. Comme souvent quand on est individualisé.

Alors on a attendu. Les premiers articles sont sortis dans la presse, sur les blogs, sur LinkedIn. Des rédacteurs et des rédactrices annonçaient leur départ et disaient les mots, enfin : « J’ai perdu 70 % de mes contrats. Je ne peux plus vivre. L’intelligence artificielle a pris tout mon travail. »

 

L’effondrement d’un écosystème

 

Les formations se sont éteintes les unes après les autres. La demande s’est éteinte d’abord, plus personne ne voulant devenir rédacteur web.

Les plateformes de rédaction ont dû lutter contre des contenus insipides, produits en masse par tous des rédacteurs en herbe si mal payés qu’ils se vengeaient en produisant à tout-va du texte suivant à peine la guideline du client. Elles ont fini par capituler, par se résigner et abandonner l’exploitation outrancière de ces malheureux qui espéraient originellement, dans la rédaction web, un répit dans une vie où l’argent est si difficile à gagner.

Notre monde s’est effondré brique par brique. Et nous, rédacteurs et rédactrices, isolés au centre, en silence, nous avons laissé la vague nous submerger. Nous avons à peine osé en parler. Les groupes Facebook ont fait silence, par pudeur, par deuil, par respect pour les disparus.

Personne n’ose parler de ce qui nous est arrivé, comme si un outrage avait eu lieu et que nous refusions de le verbaliser.

Je suis témoin de ça depuis deux ans maintenant. Et je vous le dis, j’ai vécu ça aussi intérieurement, dans ma chair. J’ai aussi baissé les yeux, face à la vague. J’ai connu les formations de rédacteurs à plusieurs milliers d’élèves, torses bombés par la fierté de travailler de sa plume, et aujourd’hui je contemple un désert.

Et je ne comprends pas. Je ne comprends pas comment on en est arrivé là.

 

L’heure de la résistance : devenir Néo-rédacteur

 

C’est tout un débat de savoir ce qui nous est arrivé et si on aurait pu l’éviter. De se demander où sont passés tous ces rédacteurs qui vivaient de leur art. Comment se sont-ils transformés ? Ont-ils trouvé une nouvelle activité ? Ce destin, que nous partageons mondialement, avec nos frères de plumes d’Afrique, une communauté entière qui a été la toute première victime de l’arrivée de l’intelligence artificielle.

Aujourd’hui, je suis convaincu que nous devons résister. Il est très tard et beaucoup d’entre vous ont déjà changé de destinée. Mais je crois, depuis le premier instant, que nous avons quelque chose à faire avec cette intelligence artificielle, et non avec les humains qui cherchent à l’exploiter honteusement.

Je crois que nous avons toujours quelque chose à faire avec nos clients, ou peut-être avec de nouveaux, à qui nous pouvons faire de nouvelles promesses.

Je crois que pour beaucoup d’entre vous, la rédaction web, c’était avant tout le désir de servir des gens audacieux et plein d’espoirs, qui tentaient l’aventure sur Internet et qui avaient besoin d’un sherpa, d’un guide, d’un protecteur, d’un communicant. Nous devons faire vivre ce nouveau rêve. Celui des néo-rédacteurs.

Le néo-rédacteur n’est pas pour moi un nouveau terme à la mode. C’est le nom de notre résistance. Nous sommes une nouvelle génération, née de l’ancienne. Nous sommes peut-être les mêmes, mais nous avons dû apprendre à mourir pour renaître.

Ce que nous avons devant nous, c’est un nouveau territoire dans lequel on nous a déclarés morts. On nous a volé tous nos biens, toute notre culture, on l’a surexploitée, on a détruit nos terres numériques. Nous avons été spolié, non par des IA, mais par des hommes moins compétents que nous, qui produisent moins bien que nous, avec l’IA.

Et je pense qu’aujourd’hui, on nous prive de notre avenir aussi.

Les néo-rédacteurs reprennent le chemin. Nous ferons ce qu’il faut pour être toujours là, maintenant et à l’avenir. Nous ferons ce qu’il faut pour prendre le contrôle de la machine. Pour en faire notre subalterne.

L’intelligence artificielle est un excellent serviteur mais un maître épouvantable. Et nous avons un monde à sauver… Je ne pèse pas que mes mots ici. Je pèse ma promesse aussi.

 

L’Architecte de Contenu : une nouvelle voie

 

Nous avons besoin de gens éclairés pour traverser cette nouvelle époque. Nous avons besoin de communicants avertis pour guider les aventuriers que tout le monde chasse pour les plumer avec des produits sans valeur. Nous avons besoin de protecteurs. Nous avons besoin de Capitaines.

Nous avons besoin de gens qui savent dans quelle époque nous sommes et qui se réunissent pour partager leur savoir, pour créer cette nouvelle émergence de compétences, ces nouveaux métiers dont le monde a besoin.

Si je propose aujourd’hui l’Architecte de Contenu comme évolution du néo-rédacteur, c’est parce que c’est une extension possible et viable. Elle ouvre un nouveau marché, auprès de gens qui ont désespérément besoin de nous. Elle nous équipe suffisamment pour leur venir en aide et accomplir leurs rêves et leur destinée.

Nous quittons les mégapoles du web pour aller vers les zones moins denses, vers les promesses plus petites, vers les engagements plus sincères et authentiques. Nous allons au service de ceux qui ont le plus besoin de nous, depuis toujours.

Mais au lieu d’attendre qu’ils sachent par eux-mêmes ce qu’est un contenu web et l’intérêt de payer pour ça, nous allons les guider. Nous allons les diriger. Nous allons leur promettre des réussites et les accomplir avec eux.

 

Rejoindre le mouvement

 

Aujourd’hui j’engage la résistance. Je refuse la mort du rédacteur et le pillage de son héritage.

Et je vous propose de venir me rejoindre et de soutenir cette démarche. Ce n’est pas une posture marketing. C’est le tracé que nous suivons au Cercle depuis deux ans. Lorsque nous avons créé l’Architecte de Contenu, lorsque nous avons développé tous nos MOOCs et nos enseignements gratuits, lorsque nous avons fait de nombreux webinaires pour guider, enseigner et faire expérimenter l’IA et cet avenir possible. Nous sommes là depuis le début.

Nous ne vendons pas une fausse promesse de retour au passé glorieux ou des mensonges de résultats impossibles. Nous vendons un destin possible. Nous vendons un chemin possible pour les néo-rédacteurs.

Je suis convaincu qu’il n’y a pas qu’une seule forme de néo-rédacteur, d’autres vont apparaître. D’une branche à la tête coupée, nous pourrions avoir six ou dix sous-branches qui émergent. L’Architecte de Contenu en est une, elle est solide. Nous construisons aujourd’hui même son navire amiral, sa formation majeure, la 7F, qui va vous prendre jusqu’à six mois en autonomie pour développer l’ensemble des compétences qu’elle promet, permettant la totale liberté d’action d’un capitaine sur les mers du web de demain.

Je souhaite que ce mouvement ne soit pas seul ou isolé. Je souhaite que d’autres néo-rédacteurs émergent par ailleurs et créent de nouvelles formes compatibles avec cet avenir qui nous effraie. Je souhaite que nous nous rencontrions, que nous parlions ensemble de tout ça. Je souhaite que nous rallumions l’espoir pour tous les rédacteurs et rédactrices qui ont travaillé dur de par le monde.

Un autre chemin est possible, et il sera avec les intelligences artificielles. C’est certain. Et nous en serons les plus grands experts, car nous redeviendrons les plus grands experts du contenu. Chose que nous avons toujours été, mais qui nécessite aujourd’hui un engagement plus complet dans la voie de cette expertise.

Vous pouvez d’ores et déjà nous rejoindre dans notre réseau ou suivre nos MOOCs qui vous donnent toute la philosophie sous-jacente à ce que je viens d’expliquer : Accédez aux cours gratuit du Cercle (vous verrez, c’est super intéressant).

Vous pouvez aussi venir discuter avec nous le mardi matin à 10h30 en live, il vous suffit de vous inscrire dans le réseau pour trouver le lien : Rejoignez notre Camp de Rédacteur gratuitement ici.

Vous êtes les bienvenus et c’est même souhaitable que nous nous rencontrions. D’où que vous soyez. Nous avons quelque chose de grand à reconstruire ensemble, quelque chose qu’on nous a volé. Et ce ne sont pas les intelligences artificielles qui nous l’ont prises.

Il y a un destin florissant qui nous attend. À nous tous, les néo-rédacteurs.

A très bientôt,
David Gos

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